Comparatif

Salaire ou dividendes pour un propriétaire-dirigeant au Canada

Comment un propriétaire-dirigeant retire des fonds de sa société, comparé sur les facteurs qui diffèrent réellement — car la facture fiscale combinée, elle, diffère peu.

Réponse courte

L'impôt combiné société-particulier sur le salaire et sur les dividendes se situe dans une fourchette semblable, le régime canadien visant une intégration approximative. Choisissez selon les facteurs périphériques : le salaire crée des droits REER et une rente du RRQ et documente le revenu auprès des prêteurs; les dividendes évitent toute administration de paie. La plupart des dirigeants combinent les deux.

L'intégration fait que l'impôt tranche rarement

Le régime fiscal canadien cherche à rendre neutre le fait qu'un revenu vous parvienne par une société ou directement. L'impôt corporatif payé sur le bénéfice est largement compensé par la majoration et le crédit d'impôt pour dividendes lors du versement : le coût combiné des deux voies se rapproche donc. « Se rapproche » n'est pas « équivaut » — l'écart varie selon votre niveau de revenu, la province et le fait que la société ait gagné le bénéfice au taux des petites entreprises. Mais la différence est habituellement assez faible pour que les facteurs non fiscaux décident.

Raisons de pencher vers le salaire

  • Vous voulez des droits de cotisation REER, que seul le revenu gagné crée
  • Vous voulez accumuler une rente du RRQ et une couverture d’invalidité
  • Vous avez besoin d’un revenu T4 documenté pour une hypothèque ou un bail
  • Vous voulez demander la déduction pour frais de garde, qui exige un revenu gagné
  • La société a besoin de la déduction pour réduire son revenu au-delà du plafond des affaires

Raisons de pencher vers les dividendes

  • Vous voulez éviter l’inscription à la paie, les calendriers de remise et les feuillets de fin d’année
  • Vos besoins de liquidités sont irréguliers et vous voulez déclarer au moment qui convient
  • Vous atteignez déjà le maximum du RRQ par un autre emploi
  • Vous préférez ne pas cotiser au RRQ et investir vous-même ces sommes

La combinaison est la réponse habituelle

La plupart des propriétaires-dirigeants versent assez de salaire pour atteindre les cibles qui leur importent — remplir les droits REER, atteindre le maximum du RRQ ou présenter un chiffre à un prêteur — et prennent le reste en dividendes. C'est un calcul, non une règle empirique, et il change lorsque votre revenu change, lorsque le bénéfice de la société change ou lorsque les règles changent. Il mérite d'être revu chaque année avant la fin d'exercice plutôt qu'après.

Côte à côte

Le salaire comparé aux dividendes pour la rémunération du propriétaire-dirigeant
 SalaireDividendes
Déduction corporativeDéductible — réduit le revenu imposable de la sociétéNon déductible — versé à même le bénéfice après impôt
Obligations de paieInscription, retenues à la source, T4 et RL-1 chaque annéeAucune; déclarés sur un T5 et un RL-3
Droits REERCrée des droits de cotisationN'en crée aucun
RRQCotisations obligatoires — part de l’employé et de l’employeurAucune cotisation, et aucune rente accumulée
Preuve de revenuLe T4 est ce qu’attendent prêteurs et propriétairesPlus difficile à documenter pour une demande hypothécaire
TrésorerieRemises régulières tout au long de l’annéeCalendrier souple, déclarés au moment opportun
Frais de garde et prestations selon le revenuCompte comme revenu gagné aux fins de la déduction pour frais de gardeNe compte pas comme revenu gagné

Lequel vous convient

Salaire

Propriétaires qui veulent des droits REER, une rente du RRQ, un revenu documenté pour les prêteurs ou une déduction corporative.

Dividendes

Propriétaires qui veulent un minimum d’administration, une souplesse de calendrier, ou qui atteignent déjà le maximum du RRQ ailleurs.

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FAQ

Est-ce moins cher de me payer en dividendes ?

Généralement pas de beaucoup, et pas de façon fiable. L'intégration vise à rendre le coût combiné société-particulier semblable dans les deux cas. Les dividendes évitent les cotisations au RRQ, ce qui paraît moins cher dans l'année — mais ces cotisations achètent une rente indexée à vie et une couverture d'invalidité : les traiter comme un simple coût sous-estime ce à quoi vous renoncez.

Puis-je verser des dividendes à mon conjoint pour fractionner le revenu ?

Seulement dans des cas limités. Les règles sur l'impôt sur le revenu fractionné appliquent le taux marginal le plus élevé aux dividendes versés aux membres de la famille qui ne participent pas véritablement à l'entreprise, ce qui annule l'avantage. Des exclusions existent — pour le conjoint lorsque le propriétaire a 65 ans ou plus, et pour les membres de la famille travaillant en moyenne 20 heures par semaine dans l'entreprise — mais elles sont précises et doivent être documentées avant qu'on s'y fie.

Quand dois-je décider pour l’année ?

Avant la fin de l'exercice, et non au moment des impôts. Le salaire doit être couru ou versé dans l'année et exige des remises de paie au fil des mois : la décision doit donc être prise pendant qu'il est encore possible d'agir. Les dividendes offrent plus de souplesse, mais les deux interagissent — décider tard revient habituellement à opter pour les dividendes par défaut, que ce fût le bon choix ou non.

Toujours indécis ?

La bonne réponse dépend de chiffres qui vous sont propres. Discutons-en avec un CPA de Montréal — en français ou en anglais.